TEAM SECOURS

DANS LA PEAU D UN ACTEUR DE LA GESTION DE CRISE

Famille Secours

Un exemple pour être plus concret …

Je suis sapeur-pompier volontaire. Mon engagement ne date pas de hier. Très tôt, j’ai eu envie de m’engager pour une cause qui faisait sens. Alors que nous avions eu une trop courte sensibilisation aux gestes qui sauvent au collège, j’avais trouvé que les exercices d’incendie revêtaient un caractère sérieux et organisé qui me plaisait. S’assurer que tous ses camarades étaient bien sortis, en attendant de voir les secours arriver et procéder à la recherche éventuelle de personnes manquante à l’appel. Pour ma part, j’ai toujours veillé à ce que tous mes camarades évacuent correctement les lieux et n’éprouvent aucune difficulté au son de l’alarme incendie.

Puis au lycée, les choses se sont compliquées. Aux exercices incendie se sont cumulés les exercices attentats. Il ne fallait plus se rassembler dehors mais se barricader au sein de la classe et se taire en attendant que nous venions nous chercher. Là encore, le stress de certains m’a permis de mesurer que j’avais bien retenu les leçons de secourisme de collège en participant à calmer quelques uns qui avaient envie de mettre un terme à tout ceci.

C’est donc tout naturellement que je me suis rendu dès mes 17 ans au siège d’une association agréée de sécurité civile afin d’une part de passer une formation de Premier Secours Civique de niveau 1, avant de découvrir que je pouvais m’engager bénévolement afin d’effectuer diverses missions altruistes. Je fus un peu surpris que personne ne m’ait jamais réellement parlé de ce type d’engagement associatif et lors de ma formation, la réflexion qui m’a occupé pendant le temps d’apprentissage a été celle de savoir pour quelle raison cette formation payante n’était pas gratuite et obligatoire pour tout citoyen. Osant la question, j’avoue qu’aucune réponse ne me donna réellement satisfaction ! Entre raisons économiques, principe de liberté, nombre de choses à apprendre, valeur altruiste non partagée par tous…bref, tout ceci m’a semblé en parfaite contradiction avec le sens de notre nation et de nos valeurs dont on nous pétrit régulièrement les oreilles lors de débats politiques.

Je souscris donc à l’issue de mon PSC1 un engagement dans cette association où je poursuivis ma formation au secourisme et ou très vite de fus intégré à des maraudes, des Dispositifs Prévisionnels de Sécurité ainsi que la tenue de stands lors de journées de sensibilisation. Je participais également à des formations de la population avec des bénévoles de l’association plus âgés et disposant des diplômes afin d’enseigner les gestes qui sauvent et les différents niveaux de secourisme. D’ailleurs, une fois encore je m’interrogeais sur la nécessité de diplômer tout ce que nous faisions lorsque je voyais les populations venir se faire sensibiliser à effectuer un massage cardiaque ou bien à comprimer une plaie.

C’est à l’occasion d’une journée de la sécurité intérieure que j’ai échangeais avec des collègues sapeurs-pompiers volontaires. A notre différence, même si la culture était proche, eux intervenaient plus dans le domaine de l’urgence outre le fait qu’ils étaient indemnisés pour la disponibilité qu’ils mettaient au service de nos concitoyens. Il me semblait que cette logique indemnitaire était un peu antinomique avec la notion d’engagement solidaire qui m’avait poussé à m’engager au sein de l’association mais par contre, le sens donné à leur engagement dans le cadre des interventions urgentes était une chose importante pour moi. Ainsi, je décidais de souscrire un engagement de sapeur-pompier volontaire dans l’année tout en conservant mon bénévolat auprès de l’association agréée, par coeur et sens de mon engagement.

J’ai découvert au sein des sapeurs-pompiers une organisation ordonnée et structurée ouverte sur l’extérieur. Quels que soient les moyens sur une opération, la doctrine, les matériels et les cultures sont les mêmes ce qui améliore la performance de la réponse urgente. Il me semble que si nous étions tous en capacité de nous rassembler de la sorte au sein d’une même culture de sécurité civile nous disposerions en France d’un modèle citoyen d’une performance absolu pour la réponse à toute situation urgente.